
Dans la foulée de notre dernier article sur les brevets essentiels standards (‟Standard Essential Patent”) (‟SEP”), voici l’exemple d’une femme exceptionnelle, Hedy Lamarr, qui était non seulement une star de cinéma hollywoodienne, mais aussi la co-inventrice d’un SEP appelé la technique de spectre étalé à sauts de fréquence (‟Frequency Hopping Spread Spectrum”) (‟FHSS”). C’est cette même technologie qui permet, aujourd’hui, le fonctionnement du standard de communication sans fil Bluetooth, du Wi-Fi et du GPS. Allons-y, d’accord?
1. Qui était Hedy Lamarr?
Née le 9 novembre 1914 dans la haute société viennoise, Hedwig Eva Maria Kiesler a grandi en tant qu’enfant unique, entre son père, Emil Kiesler, un banquier juif laïc autrichien, et sa mère, Gertrud ‟Trude” Kiesler (née Lichtwitz), née juive mais convertie au catholicisme, une pianiste-concertiste hongroise.
Sa mère lui a enseigné la musique et la danse. Mais Hedwig, extrêmement belle (elle a gagné un concours de beauté à 12 ans à Vienne), s’ennuyait. Elle voulait faire l’actrice et était fascinée par le théâtre et le cinéma. Elle séchait les cours pour interpréter des scénarios dans un studio viennois.
Elle a également commencé à s’informer sur les inventions technologiques avec son père, qui l’emmenait se promener et lui expliquait le fonctionnement des appareils.
Hedwig a débuté dans l’industrie cinématographique comme scénariste chez Sascha-Film, puis elle a obtenu un rôle de figurante dans le long métrage ‟L’argent dans la rue” en 1930, puis un petit rôle parlant dans ‟Tempête dans un verre d’eau” (1931).
Ses efforts et sa détermination ont porté leurs fruits puisqu’au début de l’année 1933, à 18 ans, elle a obtenu le rôle principal dans le film ‟Ecstasy” de Gustav Machaty, dans le rôle de la jeune épouse négligée d’un vieil homme indifférent. Le film a fait sensation, montrant le visage de ‟Heddie Kietzler”, comme on l’appelait alors, en proie à l’orgasme ainsi que des gros plans et de brèves scènes de nudité. ‟Ecstasy” a acquis une reconnaissance mondiale après avoir remporté un prix au Festival du Film de Venise. Cependant, alors que le film était considéré comme une œuvre artistique dans la plupart des régions d’Europe, il a été interdit en Amérique parce qu’il était ‟trop sexuel” et en Allemagne nazie parce que son personnage principal était joué par une femme juive.
En août 1933, à l’âge de 18 ans, Heddie épousa Friedrich Mandl, 33 ans, un marchand militaire et fabricant de munitions juif autrichien qui était réputé le troisième homme le plus riche d’Autriche. Mandl entretenait des liens étroits avec le leader fasciste italien Benito Mussolini et, plus tard, avec le führer allemand Adolf Hitler.
Heddie était fermement sous la coupe de son mari extrêmement autoritaire (elle était gardée virtuellement prisonnière dans leur château, Schloss Schwarzeneau, et Mandl lui interdisait de poursuivre sa carrière d’actrice). Toutefois, elle a assisté à de somptueuses fêtes organisées par Mandl pour ses invités, les dictateurs italiens et allemands et leurs entourages, et a également accompagné Mandl à des réunions d’affaires, où il s’entretenait avec des scientifiques et d’autres professionnels impliqués dans la technologie militaire. Au cours de ces rencontres, Heddie a recueilli des informations sensibles, apprenant que ces dictateurs voulaient contrôler leurs torpilles aériennes, leurs sous-marins et leurs chars par radio, mais que ces tentatives de communication radio étaient interceptées par leurs ennemis malgré des tentatives de brouillage.
Ces rencontres lui font découvrir le domaine des sciences appliquées et nourrissent son talent scientifique latent, malgré cet environnement hostile et antisémite.
Elle a quitté (fui) Mandl et l’Autriche en 1937, se déguisant en sa propre femme de chambre, et est venue à Paris.
Après son arrivée à Londres en 1937, elle a rencontré Louis B. Mayer, directeur du studio de cinéma MGM, qui recherchait des talents en Europe. Elle a d’abord refusé l’offre qu’il lui avait faite (USD125 par semaine), mais s’est ensuite embarquée sur le ‟Normandie”, le même paquebot à destination de New York que lui, et a réussi à l’impressionner suffisamment, pendant le voyage, pour obtenir un contrat de USD500 par semaine. Mayer l’a persuadée de changer son nom en ‟Hedy Lamarr”, à la manière typique du ‟star system”, et de se distancier de sa véritable identité et de la réputation de ‟Dame d’Ecstasy” qui y étaient associées. Il amène Hedy à Hollywood en 1938 et commence à la promouvoir comme ‟la plus belle femme du monde”.
Mayer prêta Lamarr au producteur Walter Wanger, qui tournait ‟Alger” (1938), une version américaine du film français ‟Pépé le Moko” (1937). Lamarr a été choisie pour le premier rôle face à Charles Boyer. Le film a créé une ‟sensation nationale”, alors qu’elle était présentée comme une actrice autrichienne inconnue mais très médiatisée, ce qui a suscité l’anticipation du public. Mayer espérait qu’elle deviendrait une autre Greta Garbo ou Marlene Dietrich. Selon un téléspectateur, lorsque son visage est apparu pour la première fois à l’écran, ‟tout le monde a eu le souffle court… La beauté de Lamarr nous a littéralement coupé le souffle”.
Dans les futurs films hollywoodiens, Hedy était invariablement présentée comme l’archétype de la séductrice glamour d’origine exotique. La plupart de ses films furent des échecs ou des succès modérés, bien qu’elle ait partagé la vedette avec des légendes hollywoodiennes telles que Spencer Tracy dans ‟I take this woman” (1940), Clark Gable, Claudette Colbert et Tracy dans ‟Boom Town” (1940), James Steward dans ‟Come live with me” (1941) et Stewart, Judy Garland et Lana Turner dans ‟Ziegfeld girl” (1941).
Cependant, Hedy a été choisie pour ‟White Cargo” (1942), en tête d’affiche devant Walter Pidgeon, et dans le rôle de la séductrice arabe exotique Tondelayo. Ce fut un énorme succès. Ce film contient sans doute sa citation cinématographique la plus mémorable, accompagnée d’une invitation provocante: ‟Je m’appelle Tondelayo. Je fais du tiffin pour toi?” Cette réplique caractérise de nombreux rôles de Lamarr, qui mettent l’accent sur sa beauté et sa sensualité, tout en lui donnant relativement peu de répliques.
Le manque de défis d’acteur ennuyait Hedy.
2. Qu’est-ce qu’elle a inventé?
Elle aurait commencé à inventer pour soulager son ennui.
‟Hedy ne buvait pas. Elle n’aimait pas faire la fête”, raconte le biographe Richard Rhodes. ‟Son idée d’une bonne soirée était un dîner tranquille avec des amis intelligents où ils pourraient discuter d’idées – ce qui ne semble pas très hollywoodien, mais Hedy a dû trouver autre chose à faire pour occuper son temps”.
Elle fait donc installer une table à dessin chez elle et se met à inventer. Y compris sur le plateau de cinéma entre les prises.
Parmi ses projets figuraient un feu rouge amélioré et un comprimé qui, une fois dissous dans l’eau, créait un soda similaire au Coca-Cola.
‟Elle a ri plus tard et a dit, ‟Eh bien, ça n’a jamais vraiment fonctionné”. Cela avait probablement le goût d’un comprimé d’Alka-Seltzer, ce qui est essentiellement ce que c’était”, explique Rhodes. ‟Mais elle regardait constamment le monde et pensait, ”Eh bien, comment cela pourrait-il être résolu? Comment cela pourrait-il être amélioré?””.
En 1940, Hedy rencontre George Antheil, compositeur américain d’avant-garde, pianiste, auteur d’une œuvre phare pour piano électronique intitulée ‟Ballet mécanique” et inventeur.
Ils deviennent rapidement amis, se liant autour d’un intérêt commun pour l’endocrinologie féminine.
Comme mentionné ci-dessus, à la fin des années 1930, Hedy avait participé à des transactions d’armes avec son mari d’alors, le marchand d’armes Mandl, ‟peut-être pour améliorer ses chances de réaliser une vente”. De ces réunions, elle avait appris que les marines avaient besoin ‟d’un moyen de guider une torpille lorsqu’elle courait à travers l’eau”. Une commande radio avait été proposée. Cependant, un ennemi pourrait être capable de bloquer le système de guidage d’une telle torpille et de la faire dévier de sa trajectoire. En effet, Hedy savait que les sous-marins allemands (‟U-boats”) causaient de nombreux dégâts aux navires américains en utilisant le brouillage, notamment en faisant dérailler les torpilles.
L’idée de Hedy était d’éviter le brouillage par saut de fréquence, plus précisément en guidant la torpille via un signal radio avec saut de fréquence anti-brouillage.

Le saut de fréquence est la version la plus simple d’une technique de transmission radio aujourd’hui connue sous le nom de ‟technique d’étalement du spectre” (‟spread-spectrum technique”), qui fait référence à toute méthode permettant d’élargir la bande de fréquences d’un signal. Normalement, les stations de radio diffusent sur une seule fréquence porteuse, ce qui rend les écoutes délibérément faciles: vous réglez votre radio sur la bonne fréquence et recevez la programmation. En revanche, le saut de fréquence empêche l’interception et le déchiffrement d’une transmission en décalant la fréquence porteuse d’une manière prédéterminée, généralement pseudo-aléatoire – en d’autres termes, d’une manière qui semble aléatoire mais qui est en fait produite par un algorithme déterministe. Un récepteur sautillant en synchronisation avec l’émetteur peut capter le message, mais une écoute indiscrète réglée sur une seule fréquence n’entendra qu’un bip lorsque ce morceau de message clignote. Le saut de fréquence est également largement résistant au brouillage. Si les fréquences sont suffisamment espacées, tout signal de brouillage n’interférera qu’avec une petite partie du message.
En discutant de cette idée d’un système de guidage sécurisé des torpilles utilisant cette nouvelle technique connue sous le nom de ‟saut de fréquence”, avec son nouvel ami Antheil, l’idée d’Hedy a rencontré le travail précédent d’Antheil en musique. Dans cette œuvre antérieure, Antheil avait tenté de synchroniser les sauts de notes dans la pièce avant-gardiste écrite comme musique pour le film ‟Ballet mécanique” (1923-1924) qui impliquait plusieurs pianos synchronisés. L’idée d’Antheil dans la pièce était de synchroniser l’heure de départ de pianos mécaniques identiques avec des rouleaux de piano mécaniques identiques, afin que les pianos jouent en tempo les uns avec les autres. Ensemble, ils ont réalisé que les fréquences radio pouvaient être modifiées de la même manière, en utilisant le même type de mécanisme, mais en miniaturisant.
Hedy Lamarr et Antheil échangent leurs idées, dessinent des plans et mettent en place un système de communication secret à l’aide d’un piano électrique de 88 notes et de ses rouleaux perforés. Ils créent cette méthode consistant à changer souvent de fréquences pour envoyer les informations, et pour leur réception. C’est la technique de l’étalement du spectre. Le champ fréquentiel est très large, utilisant 88 bandes passantes au lieu d’une, donc autant de notes que sur le pianola d’Antheil.
Fin décembre 1940, au vue de la force de la soumission initiale de leurs idées au ‟National Inventors Council” (‟NIC”), une organisation gouvernementale américaine et un centre d’échange d’inventions ayant de possibles utilisations militaires et de défense nationale, le NIC présenta Antheil et Hedy à Samuel Stuart Mackeown, professeur de génie électrique à Caltech, pour consulter sur les systèmes électriques.
Hedy a engagé le cabinet d’avocats Lyon & Lyon pour rédiger la demande de brevet, qui a été accordée sous le nom de brevet américain 2 292 387 le 11 août 1942, sous son nom légal Hedy Kiesler Markey.
À l’époque, tous les experts qui ont étudié la question pensaient que c’était une idée viable. ‟Cela aurait fonctionné”, a déclaré Rhodes. Mais lorsque les hauts gradés de l’US Navy ont examiné l’invention, ‟ils ont dit, ‟Quoi, vous voulez mettre un piano mécanique dans une torpille? Cela ne marchera pas!””. Ils ont donc remisé cette invention au second plan, la rejetant au motif qu’elle serait trop grande pour tenir dans une torpille.
Le dossier est resté classé top secret jusqu’en 1959.
3. Les années d’Hedy Lamarr après son invention révolutionnaire et SEP
La réponse condescendante et à courte-vue de l’US Navy à la proposition de Hedy et Antheil d’appliquer leur invention aux efforts de guerre fut la suivante: ‟Vous devriez collecter des fonds pour la guerre via des obligations de guerre (‟war bonds”), comme les autres stars de cinéma. C’est ce que vous devriez faire au lieu de cette invention idiote”.
C’est précisément ce qu’a fait Hedy, utilisant sa célébrité pour lever des millions en obligations de guerre – une fois de plus rejetée pour son cerveau au profit de sa beauté.
Attendant son heure, Hedy a continué à travailler sur ses inventions dans son atelier au cours des années suivantes.
Elle a joué dans divers films, avec plus ou moins de succès. ‟Samson et Dalila” (1949) de Cecil B. Demille fut un succès, mais Hedy fit de mauvais choix de carrière, rejetant les rôles principaux féminins dans ‟Gaslight” et ‟Casablanca” (qui furent tous deux attrapés par l’avisée Ingrid Bergman).
Alors que l’étoile d’Hedy s’estompait lentement, elle a conçu et développé, avec son ancien cinquième mari William Howard Lee, la station de ski Villa LaMarr à Aspen, Colorado.
Elle a été arrêtée à deux reprises pour vol à l’étalage, en 1966 et 1991, aux États-Unis (alors qu’elle avait de l’argent dans son sac, au moment des vols).
Pour sa contribution à l’industrie cinématographique, Hedy a une étoile sur le ‟Hollywood Walk of Fame” au 6247 Hollywood Boulevard, à côté de Vine Street, où se trouve le centre de la promenade. Hedy est l’une des rares stars, sur le ‟Hollywood Walk of Fame”, à être reconnue pour son invention, et pas seulement pour sa carrière d’actrice.
Devenant de plus en plus solitaire, avec une vue défaillante et suite à des chirurgies plastiques bâclées, Hedy s’est retirée de la vie publique et s’est installée à Miami Beach, en Floride, en 1981.
Six fois divorcée, Hedy Lamarr s’est séparée de son fils aîné, James Lamarr Loder, alors qu’il avait 12 ans. Leur relation a pris fin brusquement et il a emménagé dans une autre famille. Ils ne parlèrent plus pendant près de 50 ans. Lamarr a omis ce fils James Loder de son testament et il a ensuite intenté une action en justice pour le contrôle de la succession de USD3,3 millions laissée par Lamarr en 2000. Il a finalement accepté de transiger pour USD50.000.
Au cours des dernières décennies de sa vie, le téléphone est devenu le seul moyen de communication d’Hedy avec le monde extérieur, même avec ses enfants et ses amis proches. Elle parlait souvent au téléphone jusqu’à six ou sept heures par jour, mais elle ne passait pratiquement pas de temps avec qui que ce soit en personne au cours de ses dernières années.
Hedy Lamarr est décédée seule chez elle, à Casselberry, en Floride, en janvier 2000, d’une maladie cardiaque, à l’âge de 85 ans. Son fils Anthony Loder a répandu une partie de ses cendres dans les Bois de Vienne, en Autriche, conformément à ses dernières volontés.
En 2014, un mémorial à Lamarr a été inauguré au cimetière central de Vienne. Le reste de ses cendres y fut enterré.
4. Son héritage inventif, après une vie pleinement vécue
Les conditions dans lesquelles Hedy Lamarr et George Antheil ont accordé leurs droits de brevet sur l’invention du ‟saut de fréquence” au gouvernement américain étaient que la cession des droits de brevet était gratuite et s’effectuait via un don de cette invention au NIC.
Cependant, si l’invention s’avérait digne d’être utilisée, c’est-à-dire si l’invention était appliquée dans la ‟vie réelle”, à des fins commerciales, Lamarr et Antheil seraient payés sous forme de redevances.
Mais, comme mentionné ci-dessus, la marine américaine a rejeté l’invention, ne comprenant pas son potentiel, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le brevet a alors été classé ‟top secret”.
Pour ajouter l’insulte à l’injure, le gouvernement américain a saisi le brevet d’Hedy Lamarr, en 1942, en vertu de la loi sur la restitution des biens par le biais de la loi sur le dépositaire des biens étrangers (‟return of property by the alien property custodian act”).
En fait, le dispositif de Lamarr et Antheil était bien en avance sur son temps. Bien qu’il ait été breveté au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, le saut de fréquence reposait sur une technologie électronique qui n’existait pas encore.
Alors que le gouvernement américain n’ait pas déployé le ‟système de communication secret” pendant la Seconde Guerre mondiale, la marine américaine a commandé un projet de détection acoustique des sous-marins à l’aide de bouées sonar télécommandées depuis des avions employant des ‟sauts de fréquence” dans les années 1950.
Vingt ans après sa conceptualisation, leur invention a été redécouverte par les ingénieurs de la marine américaine, à partir de 1962, lors de la crise des missiles de Cuba, lorsqu’elle a été utilisée par des navires militaires américains lors du blocus de Cuba. C’était la première fois que le déploiement militaire à grande échelle de la technologie de saut de fréquence de Lamarr et Antheil était mis en œuvre – non pas pour le guidage télécommandé de torpilles, mais pour assurer des communications sécurisées entre les navires impliqués dans le blocus naval.
Cependant, cette mise en œuvre en 1962 a eu lieu trois ans après l’expiration du brevet (c’est-à-dire 1959). Par conséquent, Lamarr et Antheil n’ont jamais reçu de redevances (même si, s’ils avaient été conseillés par un avocat spécialisé en propriété intellectuelle, ils auraient pu utiliser la disposition de la loi américaine sur les brevets, en vertu de laquelle, lorsqu’un brevet expire, un inventeur a six ans pour intenter une action judiciaire en paiement).
Peut-être en raison de ce retard dans le développement, le brevet était peu connu jusqu’en 1997, lorsque l’ ‟Electronic Frontier Foundation” a honoré Lamarr et Antheil (à titre posthume, pour ce-dernier, décédé en 1959) d’un Prix des Pionniers (‟Pioneer Award”) pour leurs contributions. Le prix de l’ ‟Electronic Frontier Foundation” est décerné aux personnes qui ont contribué de manière significative au progrès des télécommunications et de l’informatique. Plus tard dans la même année, Hedy Lamarr est devenue la première femme à recevoir le ‟BULBIE Gnass Spirit of Achievement Award”, un prix prestigieux pour l’ensemble de la carrière des inventeurs, surnommé ‟l’Oscar de l’invention”.
Il est rapporté qu’en 1998, un développeur de technologie sans fil d’Ottawa, Wi-LAN Inc., ‟a acquis auprès de Lamarr une part de 49 pour cent du brevet expiré depuis longtemps pour une quantité de stock non divulguée” (bien que les brevets expirés n’aient aucune valeur économique).
Bien qu’elle soit décédée en 2000, Lamarr a été intronisée au ‟National Inventors Hall of Fame” pour le développement de sa technologie de saut de fréquence en 2014. Une telle réussite a conduit Lamarr à être surnommée ‟la mère du Wi-Fi” et d’autres communications sans fil comme le GPS et Bluetooth.
En effet, le schéma de saut de fréquence de Lamarr et Antheil partage certains concepts et sert de base à la technologie moderne de communication à spectre étalé, tels que le Bluetooth, le multiplexage par répartition orthogonale codée de la fréquence (‟Coded Orthogonal Frequency-Division Multiplexing”) (‟COFDM”) utilisé dans les connexions du réseau Wi-Fi, et l’accès multiple par répartition en code (‟Code Division Multiple Access”) (‟CDMA”) utilisé dans certains téléphones sans fil.
En fin de compte, l’appareil de Lamarr et Antheil a été ressuscité et s’est avéré être l’un des précurseurs des communications à spectre étalé, qui a des applications dans les normes de communication sans fil telles que les systèmes satellites, le GPS, le Wi-Fi, le Bluetooth et la technologie des téléphones portables.
Par exemple, le spectre étalé à sauts de fréquence adaptatifs (‟adaptive frequency-hopping spread spectrum”) (‟AFH”) est utilisé dans le Bluetooth pour améliorer la résistance aux interférences radio en évitant les fréquences encombrées dans la séquence de sauts. Ce type de transmission adaptative est plus facile à mettre en œuvre avec FHSS qu’avec un étalement de spectre en séquence directe.
Hedy Lamarr était un être humain complexe et aux multiples talents qui a inventé l’un des brevets essentiels standards à tous nos outils de communication modernes. Son étoile ne fera que gagner en pertinence et en respect dans les années à venir. Elle était une véritable pionnière.
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