Lawfully Creative | Antoine Pecqueur, musicien, journaliste et auteur

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Lawfully Creative, Crefovi, Annabelle GaubertiLe podcast ‘Lawfully Creative’ est une série de conversations intimes et honnêtes hébergées par Annabelle Gauberti, associée fondatrice du cabinet d’avocats basé à Londres et Paris, Crefovi. Annabelle parle avec des artistes, des législateurs et des professionnels travaillant dans les industries créatives – pour écouter leurs histoires, ce qui inspirent leurs créations, quelles décisions ont changé leurs carrières, et quelles relations ont influencé leur travail. Produit par Crefovi.

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Episode n. 14

Antoine PecqueurAntoine Pecqueur est un journaliste pointu et enthousiaste, ciblé sur la culture et les industries créatives, qui a interviewé notre associée fondatrice et gérante, Annabelle Gauberti, par deux fois, concernant des problématiques juridiques relatives au secteur de l’art. Toutefois, Antoine a plusieurs cordes à son arc, étant aussi un bassoniste professionnel et un auteur.

1 mai 2020 – Antoine Pecqueur et l’associée fondatrice et gérante de Crefovi, aussi fondatrice et éditrice de Lawfully Creative, Annabelle Gauberti, ont tenu un vidéo call Zoom, en ces temps de confinement, afin d’évoquer la trajectoire d’Antoine dans trois secteurs culturels distincts, bien que complémentaires, que sont la musique, le journalisme et l’écriture. Antoine a accumulé un ensemble d’oeuvres impressionnant, à l’âge de 38 ans, grâce à une forte éthique professionnelle et un travail d’arrache-pied. Ecoutez l’essentiel, de la part d’Antoine, dans ce podcast Lawfully Creative divertissant et bavard!

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Lawfully Creative | Juliette Espinasse Dubois, de July of St Barth, explique sa trajectoire dans le monde de parfumerie

Lawfully Creative | Juliette Espinasse Dubois, de July of St Barth, explique sa trajectoire dans le monde de parfumerie
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Episode n. 13

Juliette Espinasse DuboisJuliette Espinasse Dubois, fondatrice et directeur créatif de la maison de parfums français July of St Barth, est une autodidacte déterminée qui utilise sa créativité et ses compétences développées en marketing pour se tailler une part, sans l’aide de personne, dans le marché de la parfumerie générateur de méga-millions d’euros. Comment cette novice a-t-elle réussi à faire cela, en seulement 6 ans? Quelle connaissance, et quel réseau, utilise-t-elle, pour ajouter de nouvelles fragrances au portefeuille de sa maison de parfums, et pour ouvrir des nouveaux points retail autour du monde?

20 janvier 2020 – Juliette Espinasse Dubois a rencontré l’associé fondateur et gérant de Crefovi, et la fondatrice et l’éditeur de Lawfully Creative, Annabelle Gauberti, à l’hôtel Majestic Champs Elysées à Paris, afin de discuter de sa trajectoire dans l’industrie de la parfumerie, tant en tant que collectionneuse et acheteuse de fragrances rares chevronnée, qu’en tant que propriétaire de la nouvelle maison de parfumerie française July of St Barth. Ecoutez les dernières nouvelles, de la part de Juliette, sur le monde élitiste des créateurs et vendeurs de fragrances, ainsi que sur ses plans pour croître et cultiver sa nouvelle marque July of St Barth en une des marques de parfums de niche les plus recherchées, sur le marché français, dans ce podcast Lawfully Creative divertissant et bavard!

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Lawfully Creative | Bob McDade sur la création & la croissance de Manners McDade

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Episode n. 12

Bob-McDadeBob McDade, co-fondateur de la prestigieuse agence de compositeurs de musique Manners McDade, explique ce qu’est son secteur de niche, et comment Catherine Manners et lui ont développé leur agence de talents en ce pilier du marché de la composition musicale au Royaume Uni qu’elle est devenue aujourd’hui.

5 June 2019 – Bob McDade leveraged his experienced as marketing director of UK music copyright collecting society PRS, to co-found Manners McDade, one of the most prestigious music composer agencies in the UK, in the late nineties. Annabelle Gauberti met him at the Hospital Club in London, in order to discuss his trajectory in the music industry, agenting music composers, publishing their works and even recently setting up his own music label! Bob is a passionate gatekeeper in the UK music business and you can hear his pearls of wisdom here, in this entertaining and chatty Lawfully Creative podcast!

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Comment s’introduire sur le marché français de la musique de films: utiliser comme levier les dégrèvements d’impôt cinématographiques et les crédits d’impôt en France à votre avantage

De nombreux compositeurs de musique veulent se faire une place sur le marché du film français, qui est connu de part le monde pour son flot continu de production de films d’auteurs, ainsi que pour son exception culturelle, ayant pour but de protéger les films ayant une ‘French touch’.

Quel est l’état des lieux? Quelles sont les pistes que les compositeurs de musique peuvent explorer, afin d’être choisis comme faisant partie de l’équipe ‘below-the-line’ de productions de films français?

marché français de la musique de films

1. Comprendre la dynamique du marché du film français: un guide pratique pour les compositeurs de musique de films

En 2012, Vincent Maraval, un des fondateurs de l’une des meilleures sociétés de production et de distribution françaises, Wild Bunch, a publié une colonne dans ‘Le Monde’ intitulée « Les acteurs français sont trop payés! », qui a reçu beaucoup d’attention. En substance, Maraval dénonçait un système voué à l’échec, dans lequel le personnel ‘above-the-line’ français (tel que le réalisateur, le scénariste et les producteurs) et, en particulier, les acteurs français, bénéficiaient de salaires et de rémunérations gonflés, alors que les recettes des salles de cinéma françaises sur ces productions de films français avaient baissé d’à peu près 10 fois l’année précédente.

Pour prouver son point, il citait l’échelle des paiements des stars de film français (tels que Vincent Cassel, Jean Reno, Marion Cotillard, Gad Elmaleh, Guillaume Canet, Audrey Tautou, Léa Seydoux), allant de 500.000 à 2 millions d’euros sur des productions de films français, alors que les mêmes acteurs obtiennent des salaires de seulement 50.000 à 200.000 euros quand ils travaillent sur des productions de films américains. Apparemment, les acteurs français sont parmis les mieux payés au monde, même devant la majorité des stars de cinéma américaines. Maraval citait comme coupable le système d’aides directes (pré-ventes par les chaînes de TV publique, avances sur recettes, financement régional), auquel le cinéma français est éligible, mais surtout le système d’aides indirectes (l’investissement obligatoire par les chaînes de TV privées). 

Sept ans plus tard, la déclaration de Maraval semble toujours vraie puisque rien n’a changé: l’équipe ‘above-the-line’, en particulier les acteurs français, engloutit toujours la majorité du budget disponible sur les productions de films français. En effet, afin d’obtenir du financement de la part des chaînes de TV – dont les managements, issus des classes moyennes supérieures, méprisent le goût populaire pour les émissions de téléréalité telles que ‘La Star Ac’, tout en y restant esclaves – les producteurs de films français doivent faire la danse du ventre en face de, et prouver aux, France Télévisions et TF1 de ce monde, que des acteurs français localement connus et ‘bankable’ sont attachés à leurs productions de films.

La leçon à retenir pour les compositeurs de musique de films, qui font partie du personnel ‘below-the-line’, et qui par conséquent viennent après les acteurs français dans l’ordre hiérarchique, est que la cagnotte financière est restreinte, sur les productions de films français, en ce qui les concerne.

Toutefois, quelle est la marge de négociation des compositeurs de musique de films, lorsqu’ils mettent en place une stratégie de charme des réalisateurs et producteurs de films français, afin d’obtenir un job sur le tournage?

2. Etre capable de se vendre en tant que compositeur de musique de films aspirant à travailler sur des projets cinématographiques français

Comme brillamment expliqué par Anita Elberse dans son livre « Blockbusters », le business de l’entertainment fonctionne autour du modèle économique « winners take all », dans lequel seulement 1% prospère. La situation décrite par Maraval ci-dessus est un superbe exemple de ce modèle, dans laquelle les acteurs français exigent des salaires qui sont même plus élevés que ceux payés à la majorité des stars de film américaines sur des projets cinématographiques de Hollywood. Par conséquent, les projets de films français sont uber coûteux, parce que non seulement les producteurs doivent allouer au moins 70% de leur budget aux salaires payés à de capricieuses stars de cinéma françaises, mais qu’en outre les coûts de production en France sont très élevés (dus aux coûts du travail, en particulier les charges de sécurité sociale d’un montant prohibitif, un taux de TVA standard de 20%, une réglementation du travail rigide, etc.). 

Au total, les compositeurs de musique doivent se battre tout seuls lorsqu’ils postulent pour travailler sur des productions de films français. Ils ne peuvent compter que sur leur répertoire exceptionnel de compositions et enregistrements musicaux, pour promouvoir leurs compétences, ainsi que sur leur bagout, pour faire partie des heureux élus.

En effet, alors que tous les acteurs français, avec la notable exception de Jean Dujardin qui est managé par son propre frère et avocat, sont représentés par une poignée d’agents français, qui ont un contrôle total et absolu sur la réserve de talent d’acteurs en France, les compositeurs de musique de films luttent pour obtenir une représentation dans d’autres pays européens et/ou à Hollywood, a fortiori en France. En effet, uniquement une poignée de compositeurs de musique français, tels qu’Alexandre Desplat, Nathaniel Méchaly et Evgueni Galperine ont une représentation à proprement parler, avec des agents localisés tant à Paris qu’à Los Angeles. Toutefois, 99% des compositeurs de musique, actifs sur le marché du film français, sont sous-représentés et peuvent uniquement s’appuyer sur leurs compétences intrinsèques et leur charme, pour se lier d’amitié avec un réalisateur de films montant et/ou un producteur de films malin, et ainsi obtenir le poste musical convoité.

Ceci est une mission difficile pour la plupart des gens, mais encore plus pour des compositeurs de musique qui sont souvent introvertis et peu à l’aise en société.

L’attitude des superviseurs musicaux français, qui travaillent pour le compte des maisons de production de films françaises, telles qu’EuropaCorp, afin de leur obtenir des compositions musicales originales commissionnées et créées par projet cinématographique, n’aide pas non plus. En effet, à la réception d’une nouvelle mission, leur première réaction est de contacter les agents français et de puiser dans leur vivier interne de talent musical, utilisant ces agents comme des gardiens et des « contrôleurs de qualité » du marché de la musique de films français.

En conséquence, seulement 1% du vivier des compositeurs de musique de films disponible sur le marché du film en France peut participer aux appels d’offre pour des productions de films françaises, laissant les 99% restants hors de portée … et dépassés.

3. La formule gagnante: jouer du système des subventions de l’état français à votre avantage, en tant que compositeur de musique de films aspirant à travailler sur des productions de films français

Lorsqu’ils approchent des producteurs de films français, les compositeurs de musique de films – en particulier ceux qui sont étrangers – doivent être très au fait, en ce qui concerne le financement par voie de subventions.

Comme expliqué dans mon article lu quotidiennement « Comment financer la production de votre film?« , plusieurs pays ont des incitations fiscales et d’investissements attractives pour les réalisateurs de films, où chaque législation nationale et régionale permet aux producteurs de films de subventionner les coûts de production dépensés.

La France n’est pas une exception en cela, avec le financement par l’impôt structuré de la manière suivante:

  • pour les productions de films non-françaises, le Tax Rebate for International Productions (TRIP) est un remboursement d’impôt qui s’applique aux projets complètement ou partiellement réalisés en France. Il est sélectivement octroyé par le centre national pour le cinéma français (CNC) à une société française de services de production. Le TRIP s’élève à 30% des dépenses qualifiantes effectuées en France: il peut aller jusqu’à un maximum de 30 millions d’euros par projet. Le gouvernement français rembourse la société du demandeur, qui doit avoir son siège social en France. “Thor” (Marvel Studios), “Despicable Me” et “Les Minions” (Universal Animation Studios), ainsi que “Inception” (Warner Bros), ont bénéficié du TRIP.
  • pour les co-productions de films européennes, le Crédit d’impôt cinéma et audiovisuel (CICA)  est un crédit d’impôt dont bénéficie les producteurs français pour les dépenses effectuées en France pour la production de films ou de programmes TV. Le crédit d’impôt CICA est égal à 20% des dépenses éligibles – augmentées à 30% pour les films dont le budget de production est inférieur à 4 millions d’euros.

3.1. TRIP: s’assurer d’obtenir les points nécessaires pour passer le test culturel

Afin de qualifier pour le TRIP, un projet de film doit:

  • être un film de fiction (fiction ou animation, long métrage, TV, web, réalité virtuelle, film court métrage spécial TV, un seul ou plusieurs épisodes de séries, ou une saison entière, etc.)
  • passer un test culturel et
  • tourner au moins 5 jours en France pour production de fiction (à moins que cela ne soit  VFX/post).

Pour les compositeurs de musique de films, l’aspect du TRIP qui leur est utile est le test culturel: ils doivent s’assurer que, si le producteur et le réalisateur de films les sélectionnent comme compositeur de musique et auteur sur le projet, ils vont remplir les critères pour passer le test culturel TRIP.

Le document intitulé « 9. Grille de critères de sélection pour une oeuvre de fiction » énonce que, afin d’être éligible, un projet doit obtenir au moins 18 points. Le critère n. 10, en page 2, énonce qu’au moins un des compositeurs de musique doit être:

  • un citoyen français;
  • un citoyen d’un pays européen (qui comprend tous les citoyens des états-membres de l’UE) ou
  • un résident en France,

pour que le projet cinématographique puisse gagner 1 point sur les 18 nécessaires pour être éligible.

Par conséquent, les compositeurs de musique de films qui sont vraiment sérieux concernant leur souhait d’entrer sur le secteur du film français doivent remplir un des critères ci-dessus, pour garantir 1 point pour le test culturel TRIP, qui est le montant maximum de points que même un compositeur de musique, citoyen français, pourra jamais apporter au projet de film.

3.2. Co-productions: s’assurer d’obtenir les points nécessaires sur les échelles française et européenne

Les co-productions européennes peuvent bénéficier du système de financement de films français, en particulier les régimes sélectifs français, tels que, inter alia:

  • CICA, le support automatique pour les producteur et distributeurs français des chaînes TV françaises et réseaux TV en clair (puisque Canal +, TF1, France Televisions, ARTE et M6 doivent investir un pourcentage de leurs revenus annuels sur des films français et européens);
  • les subventions automatiques auxquelles il est fait référence en français sous les appellations ‘compte de soutien’ ou ‘soutien automatique’, dans lesquelles chaque producteur ou distributeur de films éligible reçoit des subventions automatiques en proportion avec le succès du film au box office français, dans les boutiques vidéos (un pourcentage des revenus de vente de DVD blu ray) et dans les ventes TV (un pourcentage des ventes de droits de diffusion);
  • fonds régionaux français et
  • fonds Sofica (private equity).

Pour être admis dans le système français des subventions et crédits d’impôts, en tant que co-production officielle, le co-producteur français devra soumettre son projet au CNC.

Le CNC est responsable pour évaluer les demandes de qualifications d’un film long-métrage, et utilise les critères suivants:

  • deux échelles sont utilisées pour déterminer s’il est assez européen et s’il est assez français (échelle européenne et échelle française). Les films doivent obtenir assez de points sur les deux échelles;
  • quand la co-production est faite dans le cadre d’un traité bilatéral, les citoyens de l’autre pays qualifient comme européens. Sur ce point, la France a conclu des accords bilatéraux de coproduction avec de nombreux pays.

Les compositeurs de musique de films doivent par conséquent vérifier si le fait de les employer comme compositeurs de musique sur la coproduction cinématographique permettrait au projet d’obtenir des points sur les échelles française et européenne susmentionnées.

Selon l’échelle européenne, il est nécessaire que les auteurs (y compris le compositeur de musique), les acteurs principaux, les techniciens et les collaborateurs à la création du film soient:

  • des citoyens français;
  • des citoyens d’un état-membre de l’UE;
  • des citoyens d’un pays avec la France a un accord bilatéral de coproduction en place, ou
  • des résidents en France, dans un autre état-membre de l’UE.

Par conséquent, les compositeurs de musique de films qui souhaitent vraiment trouver une voie d’entrée, doivent satisfaire au moins un des critères ci-dessus. Si c’est le cas, et sur les 18 points de l’échelle européenne, ils fourniront 1 point en tant que compositeur de musique éligible dans la coproduction officielle européenne.

Selon l’échelle française (‘barème du soutien financier’), il est nécessaire que le projet obtienne 100 points; à l’exception des cas notables des coproductions franco-espagnoles, franco-italiennes et Franco-britanniques, qui n’ont pas à se conformer avec le nombre minimum de points pour être éligibles au ‘soutien financier’.

Les compositeurs de musique peuvent apporter jusqu’à 1 point, sur cette échelle française, pour les films de fiction, et jusqu’à 5 points, pour un documentaire, par exemple.

Afin d’obtenir ces points, dans l’échelle française, il est nécessaire que les accords de cession du droit d’auteur, ainsi que le contrat de travail du réalisateur de film, soient régis par la loi française.

Par conséquent, les compositeurs de musique de films vont être éligibles selon l’échelle française, pour le ‘soutien financier’ de la coproduction européenne officielle, si l’accord de cession des droits d’auteur sur les chansons et morceaux de musique qu’ils écrivent et produisent est régi par la loi française.

D’un point de vue commercial, et afin d’augmenter les chances d’obtenir un crédit d’impôt CICA, qui provient des chaînes de TV françaises et réseaux en clair (étant donné que Canal +, TF1, France Televisions, ARTE et M6 doivent investir un pourcentage de leurs revenus annuels dans des films français et européens), il est vraiment utile de mentionner, et de jouer sur, toute expérience et renommée TV qu’un compositeur de musique de films pourrait avoir. Cela devrait plaire à tous producteurs de film français, étant donné qu’ils affrontent beaucoup de concurrence de la part des autres producteurs de film français, afin d’obtenir le meilleur support de crédit d’impôts de la part des chaînes de TV françaises, quand ils leurs présentent leurs projets de films.

3.3. Fonds régionaux français: être d’accord pour céder son droit d’auteur par le biais d’un acte de cession de droit d’auteurs, rédigé en français et régi par le droit français

Comme mentionné ci-dessus, les coproductions officielles européennes, mais aussi – bien sûr – les productions de film français, peuvent bénéficier du support et des subventions des fonds régionaux français, tels que:

Il n’y a pas de système de points en place, pour aucun de ces quatre fonds régionaux français. Toutefois, le fonds de soutien audiovisuel et l’aide à la production de la région Ile de France et les aides au cinéma et à l’audiovisuel de la région Provence Alpes Côte d’Azur, font passer un test culturel.

En ce qui concerne les compositeurs de musique de films, la seule condition imposée par ces deux tests culturels est que le compositeur de musique de films accepte de signer un contrat de cession, rédigé en français et régi par le droit français, relatif au transfert de son droit d’auteur dans la bande sonore du film, à une société de production de films basée en France. Les compositeurs de musique de films n’ont pas besoin d’avoir la citoyenneté française, ou d’être des résidents en France, pour contribuer à ce que le projet de film passe avec succès le test culturel d’un de ces deux fonds régionaux français.

Par conséquent, la meilleure façon dont les compositeurs de musique de films peuvent s’assurer que leurs contributions au projet de film pèsent de manière positive dans la balance, afin d’obtenir un financement régional pour la production de ce film, est en ayant un CV policé et à jour qui liste toutes leurs compositions musicales, prix et résultats; un catalogue de leurs meilleures oeuvres artistiques bien ordonné, tant en ligne (soundcloud, Spotify, Deezer, etc.) que sur CDs; et en contribuant avec le réalisateur et le producteur du film à l’assemblage des informations et données nécessaires dans le cadre des candidatures pour chaque fonds régional.

Par exemple, pour la candidature auprès des ‘aides à la création de musiques originales’ du CNC, les compositeurs de musique de films doivent tout simplement avec le réalisateur et le producteur du film pour s’assurer qu’ils fournissent ensemble tous les produits livrables requis par la commission spéciale du CNC, tels que la ‘note d’intention’, leurs CVs respectifs, et les CDs et DVDs demandés.

Le CNC, la région Ile de France et la région Provence Alpes Côte d’Azur, demandent tous aux compositeurs de musique de films de signer un accord rédigé en français et régi par le droit français, relatif à la cession de leur droit d’auteur sur la bande sonore du film, avec la société de production de films française.

Pour conclure, les compositeurs de musique de films doivent parfaitement maîtriser les complexités du système français de financement souple, et par conséquent démontrer avec habileté aux producteurs et réalisateurs de films français que, non seulement ils vont apporter tous les points qualifiants possibles dans tout test culturel mis en place par les autorités cinématographiques françaises, mais qu’en outre ils sont prêts à céder leur droit d’auteur dans les compositions musicales et les masters d’enregistrements musicaux, à une société de production de films française, dans le cadre d’un accord de cession rédigé en français et régi par le droit français.

Pour être sur les chapeaux de roue, et faciliter le travail de tout producteur de film français, les compositeurs de musique de films devraient déjà s’être inscrits comme membres de la société de collecte de droits d’auteur française SACEM, et les sociétés de collecte des droits voisins ADAMI et/ou SPEDIDAM, si besoin est.

Un autre bonus majeur serait que les compositeurs de musique de films soient déjà enregistrés avec le Centre des impôts des non-résidents, Inspection TVA, qui est responsable pour l’enregistrement TVA des contribuables non-résidents, et aient déjà ouvert un compte de TVA française. Ainsi, si les compositeurs de musique de films sont payés en frais de service et/ou une ‘prime de commande’ par la société de production de films française, ils peuvent inscrire leur numéro de TVA intra-communautaire, ainsi que le numéro de TVA intra-communautaire de la société de production française, sur leurs factures. 

Enfin, étant donné que les redevances, commissions, frais de consulting et frais de services exécutés ou utilisés en France, qui sont payés à un non-résident (soit une société, soit une personne physique), sont assujettis à une retenue à la source domestique (« withholding tax ») de 33,33%, les compositeurs de musique de films doivent vérifier si une convention de double-imposition est en vigueur, entre le pays dans lequel ils sont résidents fiscaux, et la France, qui octroierait une réduction totale ou partielle de la retenue à la source, au moment où ces sources de revenus sont générées en France.

Soyez plein d’audace, faites vos préparations et recherches, et votre passion musicale, vos compétences et votre enthousiasme devraient être de superbes actifs pour tout projet et toute production de film français!

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Art et arbitrage: qu’est-ce qui doit être fait pour améliorer la sécurité des ventes et transactions d’art

Il y a beaucoup de marge de manoeuvre pour améliorer la sécurité des ventes et transactions d’art, et l’arbitrage peut faire beaucoup pour matérialiser ce changement. Quel est l’état des lieux? Quelles améliorations les acheteurs d’art veulent-ils voir dans le futur, afin de résoudre de manière adéquate les conflits dans l’art?

 

Art et arbitrage, crefovi

En tant qu’avocate en droit de l’art, pratiquant dans ce domaine depuis 2012, j’ai tiré les observations suivantes de mon expérience:

  1. les procédures judiciaires ne constituent pas l’approche la plus efficace, en termes de temps et de coûts, pour résoudre de manière adéquate les contentieux dans le secteur de l’art;
  2. l’absence de confidentialité dans les procédures judiciaires est un problème majeur pour les investisseurs du marché de l’art – c’est à dire les collectionneurs, fondations et musées d’art – les dissuadant d’agir en justice, même contre les mauvais acteurs dans ce secteur et
  3. les procès peuvent s’éterniser, surtout si des mesures de médiation imposées par la juridiction sont prises, contre la volonté des parties, ou si une partie fait appel contre la décision de la juridiction de premier degré.

En conséquence, une meilleure option que le contentieux judiciaire est nécessaire dans le secteur de l’art, telle que l’arbitrage. Toutefois, il y a un manque de services d’arbitrage effectifs offerts aux parties prenantes opérant dans cette industrie. Qu’est-ce qui peut être fait à ce propos, afin d’accroître la fiabilité de ce marché certes opaque, mais toutefois dynamique?

1. Ce que les utilisateurs veulent voir dans le monde de l’art, en ce qui concerne les modes alternatifs de résolution des conflits

Ayant conseillé de nombreux acheteurs d’oeuvres d’art et objets anciens, j’ai été témoin de leur profond mécontentement face au manque, et souvent même absence, de conditions générales de vente en bonne et due forme, fournies par les marchands, lorsqu’ils font des achats d’art. Alors même que cette pratique illégale est répréhensible en elle-même, en particulier pour les achats effectués hors des locaux des marchands d’art (durant les salons d’art ou en ligne via ecommerce, par exemple), cela devient un problème majeur quand un différend naît à l’occasion de cet achat. Pourtant, une telle occurrence d’un “deal qui tourne mal” arrive de manière régulière dans les transactions d’achat d’art, du fait de réclamations relatives à la provenance, de problèmes de défauts et vices cachés, de l’absence de ressemblance entre la description d’une oeuvre d’art indiquée dans le catalogue d’une maison de ventes aux enchères et l’oeuvre d’art réellement fournie à l’acheteur à la livraison, ou du fait de la complète destruction de l’oeuvre d’art durant le stockage et/ou le transport à son nouveau propriétaire. S’il n’y a pas de CGV, ou si elles sont mal rédigées ou incomplètes, les acheteurs ne peuvent se fier à elles pour trouver une issue à leur différend. De plus, la plupart des institutions d’arbitrage peuvent uniquement être mandatées par les parties impliquées dans la vente d’art, si une clause d’arbitrage adéquate a d’abord été insérée dans les CGV. Par conséquent, les acheteurs veulent que les marchands et maisons de vente aux enchères leur fournissent des CGV claires, bien rédigées et exhaustives, au moment de la vente; qui précisent que tout différend entre les parties sera réglé en application des règles d’une institution d’arbitrage clairement définie et ayant la réputation d’être spécialisée dans le domaine de l’art, au lieu d’un mode de résolution par voie de contentieux judiciaire.

Deuxièmement, toutes les parties prenantes de bonne foi, dans le secteur de l’art, veulent que des arbitres impartiaux et expérimentés, ayant une connaissance approfondie du fonctionnement des transactions d’art, soient impliqués dans la résolution des différends de la manière la plus économique, en termes de coûts et de temps. Par conséquent, il y a un besoin pour des institutions d’arbitrage, établies et de bonne réputation, dans le secteur de l’art, qui assistent les parties pour trouver l’arbitre, et la configuration d’arbitrage, appropriés, de manière systématique, tout en opérant des économies d’échelle afin de garder les coûts d’arbitrage au plus bas.

Troisièmement, et étant donné que personne n’a de temps à perdre, la sentence arbitrale prise par l’arbitre doit être complètement exécutoire, en particulier grâce à la Convention de New York sur la Reconnaissance et l’Exécution des Décisions Arbitrales Etrangères de 1958, par la partie qui a obtenu cette décision. Cela est tout particulièrement important pour les acquéreurs d’objets d’art, puisque, alors même qu’une sentence arbitrale est définitive et lie les parties, elle est incapable d’être exécutées directement. De ce fait, il est nécessaire de s’adresser à la juridiction compétente du pays où la sentence doit être exécutée, qui est normalement le pays où les actifs du marchand d’art ou de la maison de vente aux enchères sont localisés.

Quatrièmement, et ce voeu tient particulièrement à coeur aux acquéreurs d’art, comme mentionné ci-dessus, cette sentence arbitrale exécutoire doit restée confidentielle, tout comme la procédure d’arbitrage.

2. Ce qui existe actuellement, en ce qui concerne les modes alternatifs de résolution des conflits dans le monde de l’art

L’état des lieux actuel dans le monde de l’art est détestable: la plupart des marchands se perçoivent comme au dessus des lois et ne fournissent aucunes CGV à leurs clients, que ce soit les acheteurs ou les vendeurs. Ils envoient seulement des factures et espèrent que tout se passera au mieux. Si des CGV existent, en particulier dans les transactions arrangées par l’intermédiaire de maisons de vente aux enchères, elles stipulent d’habitude que les tribunaux de leur juridiction auront une compétence exclusive, forçant ainsi les parties à recourir à des contentieux judiciaires.

Par conséquent, et du fait d’une telle opacité, de fréquents scandales dans le monde de l’art font la une des journaux, et parce qu’il y a un manque de barrières à l’entrée pour les marchands opérant dans le marché de l’art, de nombreux acheteurs potentiels – en particulier les individus dotés de fonds propres net élevés (« high net worth individuals ») – refusent d’investir dans cette classe d’actif et restent à l’écart. Quand ils font le grand saut, ils sont souvent confrontés à des différends résultant de leurs achats ou de leurs ventes, tout particulièrement avec les marchands et les maisons de vente aux enchères.

Se rendant enfin compte qu’il est de leur intérêt d’améliorer la sécurité des  transactions effectuées dans leur industrie, les marchands d’art et maisons de vente aux enchères sont en train d’atteindre la conclusion, à contrecoeur, que les services d’arbitrage sont un service indispensable.

Les institutions d’arbitrage de l’art suivantes ont donc été mises en place, dans les vingt dernières années.

A l’international, le service de Mode de Résolution Alternatif des Conflits pour l’Art et l’Héritage Culturel de l’Office de la Propriété Intellectuelle (OMPI), situé à Genève, fournit du conseil sur la résolution des conflits et des services de gestion des dossiers afin d’épauler les parties dans la résolution des différends sans le besoin du contentieux judiciaire. Puisque l’OMPI ne souhaite pas divulguer d’information concernant le nombre de différends qui sont traités, et j’espère résolus, par son institution, annuellement – et ce même aux arbitres qui sont inscrits sur son panel d’arbitres et de médiateurs, tels que moi – son intérêt et sa pertinence restent un point en suspens.

Plus récemment, la Cour d’Arbitrage pour l’Art (CAfA) en Hollande a été mise en place, en tant que tribunal d’arbitrage et de médiation spécialisé, et exclusivement dédié à la résolution des litiges en droit de l’art. M’étant proposée pour être inscrite dans son vivier d’arbitres et de médiateurs, je sais que CAfA n’est pas encore totalement opérationnelle et il sera intéressant de voir quelle valeur ajoutée elle peut apporter, comparé aux services similaires de l’OMPI.

A par ces deux institutions d’arbitrage ciblant le secteur de l’art, les suspects habituels de la sphère de l’arbitrage peuvent être impliqués dans un différend en droit de l’art, tels que la CCI de Paris ou Londres, JAMS en Californie, aux Etats-Unis, l’Association française d’Arbitrage (AFA) à Paris ou la London Court of International Arbitration à London. Toutefois, ces organismes d’arbitrage n’auront pas d’expertise sectorielle dans l’art, et leurs arbitres non plus, par conséquent s’appuyant lourdement sur les rapports et opinions effectués par les “experts en art” mandatés respectivement par les parties.

Ayant recherché avec attention et de manière étendue tous précédents en arbitrage de droit de l’art, je suis revenue bredouille, n’en ayant trouvé aucun mentionné dans le domaine public. Cela peut être dû au fort engagement de confidentialité imposé à toutes les parties, et aux arbitres impliqués. Mon pressentiment est que cela est plutôt dû au fait que l’arbitrage est toujours un terrain inconnu, pour le secteur de l’art et ses parties prenantes.

 

Pour conclure, et adoptant le point de vue des acheteurs d’oeuvres d’art, les services d’arbitrage disponibles dans le secteur de l’art semblent déconnectés du marché, tel que le service d’ADR pour l’Art et l’Héritage Culturel de l’OMPI. Alors que CAfA pourrait potentiellement être une alternative viable, il reste à voir si ces services d’ADR seront ciblés plus sur l’arbitrage que sur la médiation, comme son titre le laisse supposer. Il y a donc beaucoup de marge d’amélioration, pour les services d’arbitrage dans le secteur de l’art. Les marchands et maisons de vente aux enchères devraient comprendre qu’il est dans leur intérêt de coopérer ensemble et de financer la mise en place de services d’arbitrage adéquats pour leurs clients respectifs, s’ils souhaitent que le marché de l’art croisse de manière exponentielle et s’étende du côté de la demande.

Les marchands et les maisons de vente aux enchères devraient en outre unir leurs efforts et rédiger des modèles-types de conditions générales de vente et de dépôt-vente, stipulant des clauses standard de modes de résolution alternatifs des conflits, qui pourraient devenir la référence dans le marché de l’art. Ces efforts de rationalisation et de sécurité renforcée sont des pratiques communes dans d’autres industries, telles que le secteur bancaire et financier dont la Loan Market Association et International Swaps and Derivatives Association fournissent de nombreux modèles-type de contrats commerciaux, pour transiger en valeurs mobilières et produits de marché de capitaux en suivant des pratiques établies.

La balle est fermement dans le camp des marchands d’art et des maisons de vente aux enchères, qui continueront à se tirer une balle dans le pied s’ils continuent d’ignorer l’appel à la mobilisation des acheteurs et clients potentiels, qui ne souhaitent pas subir le risque d’habitudes laxistes et d’improvisation lors de leurs acquisitions d’actifs dans l’art. Croître et étendre le marché de l’art viendra en contrepartie du coût engendré par le paiement pour l’instauration de services de modes alternatifs de résolution des conflits, appropriés, systématisés et impartiaux, en particulier des services d’arbitrage.

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