Crefovi présente un cours « Droit & luxe » à l’école de commerce HEC

Annabelle Gauberti, associée fondatrice et gérante du cabinet d’avocats en droit du luxe à Paris Crefovi, a présenté le cours « Droit et luxe » aux étudiants MBA et Master de l’excellente école de commerce HEC, inscrits au Luxury Certificate.

cours "Droit & luxe"Le 7 juin 2013, elle a présenté aux étudiants Master et MBA du Luxury Certificate d’HEC les spécificités du droit du luxe dans un cours intitulé « Droit et luxe ».

Le cours en droit du luxe, présenté durant le Luxury Certificate d’HEC, a été filmé: regardez la vidéo sur vimeo ici!

Crefovi’s « Law & Luxury » course @ HEC Luxury Certificate – June 2013 from Annabelle Gauberti.

Cette discipline juridique émergente couvre les problématiques juridiques liées à la propriété intellectuelle, aux financements et aux transactions de private equity, aux contrats de licence et de distribution, ainsi qu’à la lutte contre la contrefaçon et aux opportunités représentées par l’e-commerce.

Annabelle est une experte dans le droit du luxe et de la mode, qu’elle a commencé à pratiquer en 2003. En mai 2004, elle a organisé la publication, et co-rédigé, un supplément relatif au droit du luxe.

Dans le cadre de sa pratique au sein du cabinet d’avocats en droit de la mode à Paris Crefovi, elle conseille régulièrement les maisons de luxe, les marques, les sociétés de mode, les designers créatifs, les distributeurs, les sous-traitants de maisons de luxe et les mannequins sur leurs problématiques juridiques et commerciales.

Ses clients sont basés en France, Grande-Bretagne, dans le reste de l’Europe, au Moyen-Orient, en Amérique du Nord et en Asie.

Annabelle Gauberti, associée fondatrice de Crefovi, tweetera ses impressions et photos sur @crefovi, alors restez à l’écoute avec Crefovi sur Twitter.

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Financement des maisons de luxe: la quête du Graal (ou pas!)

La  caractéristique majeure d’une maison de luxe est l’importance de la valeur de sa marque. Ceci est, de loin, l’actif le plus important pour une entreprise de luxe. Cela est dû à la concentration extrême des intangibles que cette marque incarne.

Financement des maisons de luxe

Etant donné que la valeur d’une maison de luxe est, par dessus tout, l’évaluation financière de la marque, le management de la maison de luxe doit implémenter une stratégie qui va accroître le capital de marque (brand equity).

Que faut-il pour construire une marque de luxe avec une évaluation financière forte?

Ceci implique que la stratégie financière soit de maximiser, non pas le résultat net, mais la valeur de la marque de luxe. Une autre conséquence est que, étant donné que les marques n’ont jamais été indiquées sur le bilan à leur valeur véritable, les maisons de luxe prospères ont généralement une rentabilité sur capitaux propres très élevée, un phénomène souvent accentué par une profitabilité très haute.

Alors, que faut-il faire pour mettre en oeuvre une stratégie qui libère le capital de marque?

Cela prends beaucoup de temps et d’argent de construire une marque de luxe qui dure. Etant donné l’importance de l’investissement qui doit être fait dans la création, la communication et la distribution, qui sont fortement qualitatives et uniquement rentables sur le long terme, une marge brute très élevée (de l’ordre de 80 pour cent) est cruciale à la survie de la marque.

Afin d’atteindre de telles marges brutes élevées sur le long terme, certaines règles de base doivent être suivies dès la création de la marque de luxe.

La première règle est de tout d’abord devenir rentable dans l’activité commerciale principale: la marque de luxe naissante doit être concentrée sur l’activité commerciale principale et s’étendre uniquement de manière progressive, et de façon contrôlée, aux produits de luxe qui sont au-delà de son coeur de métier. Une marque de luxe est profondément déficitaire au début, étant donné qu’elle ne peut transiger sur la qualité des produits qu’elle offre, alors que sa reconnaissance faible rend impossible la vente à des prix élevés. Le déficit doit être considéré comme un investissement dans le contenu de la marque.

La jeune maison de luxe doit ensuite enclencher un cercle vertueux en:

–      augmentant le volume de ses ventes, et ainsi sa production;

–       baissant les coûts, grâce à l’effet de l’expérience, qui amène à une augmentation des marges, étant donné que les prix de vente au détail sont maintenus au même niveau;

–       investissant dans la communication, grâce au déblocage de fonds avec les ventes faites, et

–       augmentant les prix de vente, ce qui sera rendu possible par la reconnaissance croissante de la marque de luxe.

Diversifier dans d’autres produits avant d’avoir atteint la rentabilité dans l’activité commerciale principale serait une erreur, et pourrait même être fatale à la maison de luxe émergente.

La deuxième règle est de s’assurer de la stabilité des ressources humaines et de la cohérence des équipes. Ces équipes stables apporteront une créativité de qualité constante, permettant par là-même de développer la loyauté de marque dans le cercle de consommateurs de la maison de luxe. Quand la maison de luxe se lance dans la diversification de produits, son équipe de management devrait être attentive au moral des troupes, étant donné que cette diversification pourrait être perçue comme un rejet des lignes existantes, ainsi que de leurs équipes. La diversification consommant un gros budget, au détriment de l’activité commerciale principale, le management doit expliquer sa stratégie d’expansion à ses équipes, et s’assurer que l’argent est dépensé de manière appropriée durant l’implémentation de cette diversification.

Pendant ce temps, il est important pour la maison de luxe de continuer à investir vigoureusement dans sa marque et sa distribution, afin de maintenir une marque très robuste et d’être ainsi protégée contre tous risques générés par la diversification. Souvent, une partie des royautés, payés par les licenciés à la maison de luxe, résultant de la diversification de produits dans les parfums, la lunetterie ou les vêtements pour enfants par exemple, seront réinvestis dans la marque de luxe et sa distribution.

Atteindre des marges élevées pour une maison de luxe demande toujours de rechercher le volume minimum de ventes au delà de ses propres frontières: l’internationalisation, et ensuite la globalisation, est la loi du luxe.  Uniquement la demande devrait être étendue à l’étranger, toutefois, certainement pas la production afin de réduire les coûts, car cela affecterait beaucoup la marque de luxe.

Quand une marque de luxe suit ces règles consciencieusement, elle génère normalement une rentabilité en chiffre d’affaires exceptionnelle, sur la durée. Au début, elle doit concentrer l’essentiel de son petit capital sur le développement de son volume de production afin d’être rentable au prix de vente souhaité. Ensuite, quand la maison de luxe atteint un prix coûtant raisonnable, elle devrait transférer la majorité de ses investissements dans la communication, y compris le développement d’un réseau de distribution de qualité.

Quels types de financement existent, pour les maisons de luxe?

Les maisons de luxe, avec leurs marges brutes et leurs résultats nets élevés[1], sont devenues des cibles attractives pour les financiers.

Les fonds de capital-investissement, en particulier, ont plongé dans le monde du luxe avec enthousiasme. De Jimmy Choo[2], à Hugo Boss[3] et La Perla[4], plusieurs marques de luxe ont été acquises, ou lourdement investies par, des financiers de capital-investissement.

Pour les maisons de luxe émergentes, trouver un partenaire en capital-investissement engagé, sans être dominateur, est vraiment un moyen de propulser la marque au niveau supérieur. Par exemple, l’entreprise de prêt-à-porter et sur-mesure de tweed anglaise, Dashing Tweeds, a été initialement soutenue par des investisseurs privés, permettant à la marque de croître et d’atteindre une reconnaissance nationale à travers une collaboration majeure avec la chaîne majeure Topshop.

Le capital-investissement peut être plus facile à réaliser dans des maisons de luxe basées en Grande-Bretagne, étant donné qu’il y a 50.000 business angels en Grande-Bretagne, comparé  à 8.000 en France, et étant donné que Londres est le hub le plus large pour les fonds de capital-investissement et de capital-risque (venture capital) en Europe. Toutefois, la communauté des business angels français, en particulier France Angels, est désireuse d’investir dans les maisons de luxe françaises émergentes et a inauguré le “Réseau mode Business Angels” en décembre 2012, afin de fédérer les business angels autour d’investissements dans des start-ups du luxe et de la mode.

Pour les start-ups du luxe et de la mode, qui n’ont pas encore développé de preuve de leur concept (“proof of concept”), et qui ne peuvent ainsi pas convaincre les business angels et les fonds de capital-risque d’investir dans leurs sociétés, une solution pourrait être le crowdfunding. Au printemps 2013, AudaCity of Fashion, une plateforme de crowdfunding dédiée aux start-ups de la mode et du luxe, sera lancée en Grande-Bretagne. De cette façon, les internautes pourront communiquer et grouper leur argent pour soutenir collectivement les efforts initiés par les start-ups du luxe et de la mode.

Pour en revenir au capital-investissement, celui-ci peut être un moyen pour les fondateurs d’une maison de luxe mature de « toucher le jackpot » et d’être financièrement rétribué pour l’ensemble de leur dur labeur antérieur. Toutefois, les problèmes arrivent si les lois du management du luxe ne sont pas scrupuleusement respectées. En effet, si ces lois, qui sont opposées aux lois du marketing traditionnel, ne sont pas respectées, suite à l’investissement en capital, la rentabilité élevée de la marque de luxe devient volatile au résultat. Ces lois du management du luxe sont souvent inconnues des non-spécialistes et sont hautement subjectives et qualitative, et sont donc éloignées des mesures quantitatives qu’affectionnent les financiers. Une des trappes dans lesquelles il est facile de tomber, est de forcer la réduction dans les dépenses structurelles relatives à la maintenance de la marque de luxe, tout particulièrement si cette marque est l’objet de pression à court-terme de la part de ses actionnaires suite à une baisse temporaire de la rentabilité. Bien que ces coupes dans des dépenses « inutiles » pourraient sembler avoir un impact positif immédiat sur le résultat brut d’exploitation de la maison de luxe, les coupes endommagent la marque et l’image de manière invisible, au départ, mais qui, deux ans plus tard, peut être irréparable.

En outre, la valeur exacte de la maison de luxe pourrait devenir un problème, durant les négociations entre les propriétaires de la maison de luxe et les financiers en capital-investissement, étant donné que l’évaluation de la marque est basée sur une concentration extrême des intangibles, difficile à mesurer en termes factuels.

Une autre stratégie externe afin de trouver du financement, pour une maison de luxe, est d’avoir accès au financement par le biais de prêts bancaires. Alors que cela serait une tactique relativement aisée à mettre en oeuvre, pour une maison de luxe bien établie, parce qu’elle a déjà plusieurs jeux de résultats annuels et de comptes financiers démontrant sa stabilité financière, une maison de luxe émergente pourrait avoir du mal.

Les maisons de luxe matures, qui peuvent apporter la preuve de revenus des ventes solides, ont accès aux marchés globaux de la dette, pouvant recourir à des prêts syndiqués de type « investment grade », des prêts-relais, ou, des produits de prêts encore plus sophistiqués tels que le financement des opérations commerciales structurées (« structured trade finance »). Par exemple, une marque de fourrure telle que Hockley pourrait approcher sa banque habituelle afin de financer l’achat aux enchères, de peaux de fourrure de très haute qualité et valeur. Un tel financement à court-terme serait accompagné de sûretés prises sur ces fourrures. Hockley fabriquerait ensuite des manteaux et accessoires luxueux, grâce à ces fourrures, et rembourserait le capital et les intérêts dérivants du financement de l’opération commerciale, par mensualités régulières, en utilisant la trésorerie générée par la vente de ces produits de luxe.

Etant donné que le financement par le biais de prêts bancaires est difficile à obtenir pour elles, les maisons de luxe émergentes peuvent décider d’utiliser l’affacturage comme alternative viable à la gestion de leurs cash flows. L’affacturage semble relativement difficile à obtenir pour les PME en Grande-Bretagne, alors qu’il est standardisé et souvent utilisé comme instrument financier en France et aux Etats-Unis. Les sociétés d’affacturage, telles que GE Capital ou Hilldun Corporation aux Etats-Unis, Eurofactor, BNP Paribas Factor ou Natixis Factor en France, acceptent d’avancer entre 80 et 90% du montant total de la facture, à la maison de luxe, après que celle-ci ait livré sa marchandise à ses distributeurs. Le reste de la facture, moins les coûts pour le service d’affacturage, est remboursé à la maison de luxe quand le distributeur paie le factor. Les coûts pour ce service d’affacturage varient entre 0,6 et 3% du montant de la facture. De tels coûts sont basés sur le chiffre d’affaires annuel de la maison de luxe, le nombre de ses factures émises et le nombre de ses clients.

Les fédérations nationales du commerce, désireuses de développer la création et l’innovation, ont mis plusieurs instruments de financement à la portée des maisons de luxe et de mode émergentes.

Un des instruments les plus innovants est la “Banque de la Mode”, lancée en mars 2012 à Paris. Chanel, Balenciaga et Louis Vuitton Malletier, entre autres, ont groupé leurs efforts avec la Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin, afin de créer un fonds de garantie, qui fournit des garanties financières aux jeunes designers qui demandent des prêts aux banques, ainsi qu’un fonds d’avances remboursables, qui fournit du financement court-terme jusqu’à 100 000 euros par designer.

En Angleterre, le lancement en mars 2013 de Creative Industry Finance, une initiative du Arts Council England, offrant du support pour pour soutenir la croissance et accéder à du financement, aux entreprises des industries créatives, pourrait être un instrument utile afin d’accélérer la croissance des sociétés de luxe émergentes anglaises, dans le futur.

Enfin, NEWGEN, mis en place par le British Fashion Council (BFC), offre aux designers organisant des défilés, du support financier pour payer leurs frais de défilés, et l’opportunité d’utiliser l’espace réservé aux défilés au sein du BFC. NEWGEN a soutenu avec succès des designers tels que Christopher Kane, Mary Katrantzou et Meadham Kirchhoff. Fashion Fringe, fondé en 2003 par Colin McDowell et IMG Fashion, encourage aussi des designers talentueux tels qu’Erdem et Fyodor Golan.

Libérer le potentiel du capital de marque d’une maison de luxe est un équilibre délicat entre une créativité et une innovation d’avant-garde et de pointe, ainsi que des compétences de gestion financière et des ressources humaines rigoureuses. Trouver le bon partenaire, pour son financement, et les solutions de financement appropriées, doivent être une priorité pour une maison de luxe, tout particulièrement si cette maison est encore assez vulnérable, aux premiers stades de son développement.


[1] Des marques très concentrées sur des produits de niche, telles que Louis Vuitton Malletier et Rolex, ont régulièrement obtenu des taux de résultats net supérieurs à 35 pour cent sur leurs venues, pendant plus de 20 ans.
[2] Jimmy Choo a été vendu en 2011 par la société de capital-investissement TowerBrook Capital Partners LLP à Labelux, un groupe au capital privé qui détient Bally, pour plus de £500m.
[3] Il est dit que le fond de capital-investissement Permira a acquis Valentino Fashion Group pour €2.6bn en 2007, afin d’acquérir Hugo Boss, dans lequel Valentino à une participation de 51%.
[4] Depuis 2007, La Perla est détenu par  JH Partners, une société de capital-investissement spécialisée sur le secteur de la consommation.

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Cabinet d'avocats pour les industries créatives à Paris Crefovi

Le cabinet d’avocats pour les industries créatives à Paris Crefovi a travaillé sur des dossiers relatifs au droit du luxe et de la mode depuis 2003. Nous adorons ça et avons élargi notre pratique pour conseiller tous types d’entreprises créatives (dans les secteurs de la musique, l’art, le design, les médias, le cinéma, le spectacle, les technologies, le gaming et les sciences de la vie).

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Le droit du luxe et de la mode ⎢Law of luxury goods and fashion

Avec peu d’industries performant mieux que le secteur du luxe d’une valeur de €185 milliard (£148 milliard), un nombre croissant d’avocats et d’étudiants en droit choisissent cette industrie comme leur cible de business development.

Le droit du luxe et de la mode

L’industrie du luxe est un marché de niche difficile à pénétrer pour les avocats. Ils doivent déployer leurs charmes ainsi que leur matière grise pour être reconnus par les maisons de luxe, les designers, les détaillants, les importateurs, les distributeurs, les artistes et les maisons de vente aux enchères comme des conseillers efficaces et de confiance.

Les concepts de « droit du luxe » en France et « droit de la mode » (« fashion law ») aux Etats-Unis ont été créés durant la dernière décennie. Avec une augmentation de 50% du chiffre d’affaires global des maisons de luxe ces dix dernières années, il y a une prise de conscience croissante, parmi les professionnels du droit, que l’ère du droit du luxe et de la mode a commencé.

Aujourd’hui, mandater les meilleurs avocats est l’option la plus appropriée pour l’entreprise – même si le coût des leurs services pourraient initialement paraître élevé – étant donné que la rude concurrence dans le secteur du luxe, et les menaces extérieures au bien-être des marques de luxe, s’intensifient.

Comme exemple de cette concurrence sectorielle, l’anecdote sur comment le groupe Arnault a utilisé la loi pour obtenir le contrôle de LVMH, l’entreprise de luxe la plus large au monde, à la fin des années 80, est révélatrice: après la fusion entre Louis Vuitton et Moët-Hennessy, le groupe Arnault a acquis plus de 93% actions dérivées des obligations avec bons de souscription d’action (OBSA) de Moet-Hennessy. Le groupe Arnault a utilisé le fait que le cadre juridique relatif aux OBSA, un nouveau type de valeurs mobilières composites à l’époque, était toujours relativement inconnu par les juridictions françaises. Après une violente bataille judiciaire de quatre ans, qui a conduit les juridictions françaises à refuser de déclarer l’émission litigieuse d’OBSA nulle, le groupe Arnault a pris le dessus sur les actionnaires minoritaires de LVMH.

Les risques juridiques existent non seulement au sein de ce secteur industriel, mais naissent aussi du fait du lourd cadre réglementaire dans lequel les maisons de luxe doivent évoluer et faire du commerce. Une décision rendue par la cour d’appel de Paris, le 26 janvier 2012, a confirmé l’existence d’ententes de fixation des prix, et d’agissements anticoncurrentiels entre treize producteurs de parfums et cosmétiques (parmi lesquels Chanel, Guerlain, Parfums Christian Dior et Yves Saint Laurent Beauté) et leurs trois distributeurs français (Sephora, Nocibé France et Marionnaud). La cour a en outre confirmé le jugement de l’autorité de la concurrence française, en date du 14 mars 2006, sanctionnant chacune de ces maisons de luxe et distributeurs à des amendes d’un montant total de €40 million (£32 million). Etant donné que la marque et le halo des maisons de luxe sont leurs actifs principaux, de tels méfaits judiciaires pourraient avoir un impact catastrophique sur leur réputation. Ceci est une sonnette d’alarme pour les maisons de luxe destinée à leur faire comprendre que les avocats doivent être impliqués dès le début, dans la structuration de leurs réseaux de distribution, afin d’éviter de nouvelles violations du droit de la concurrence.

Un autre risque externe primordial dont tous les dirigeants de maisons de luxe souhaitent se protéger est la violation de leurs droits de propriété intellectuelle, et en particulier, la dilution de leur marque et l’affaiblissement de leur image de marque. Les avocats sont la meilleure arme que les maisons de luxe peuvent utiliser afin de lutter contre la contrefaçon, surtout maintenant que tant de produits contrefaits sont vendus sur Internet.

Les avocats soutiennent en outre activement les maisons de luxe dans leurs tentatives de capitaliser sur les opportunités croissantes représentées par la demande pour les produits de luxe, en Asie, au Moyen-Orient et les pays de l’ancienne Union Soviétique. La distribution sélective permet aux fabricants de choisir les détaillants sur la base de critères qualitatifs et de s’assurer que la distribution de leurs produits sera conforme avec les conditions convenant à une « sensation de luxe » que ces fabricants attribuent à leurs produits. Les produits de luxe sont par conséquent majoritairement commercialisés via la distribution sélective, un canal plus flexible et contrôlable que la distribution exclusive ou les franchises. Le rôle des avocats est essentiel dans la représentation des intérêts juridiques des fournisseurs de luxe durant les négociations et le respect de tels accords de distribution sélective, en particulier pour s’assurer que la gestion du prestige et de la rareté, deux caractéristiques essentielles des produits de luxe, est effectuée de manière adéquate.

Les avocats sont non seulement utiles dans les dossiers contentieux ou non-contentieux, mais sont en train de se développer comme des portes-paroles représentant les intérêts des marques de luxe.

Le mouvement du droit du luxe et de la mode est en train de devenir si significatif, aux Etats-Unis, qu’un Fashion Law Institute a été créé avec le support et le conseil du Council of Fashion Designers of America et sa présidente Diane Von Furstenberg. « La discipline académique couvre les problématiques juridiques qui peuvent se matérialiser durant la vie d’un vêtement, de son design original et autres droits de propriété intellectuelle, à des questions commerciales et financières de commerce international et réglementation gouvernementale, y compris la durabilité et la « mode verte » » dit le professeur Susan Scafidi de la Fordham University School of Law, directrice académique de l’Institut.

Le futur est lumineux pour les avocats qui ont un bon réseau dans les industries créatives et du luxe: beau travail si vous pouvez le décrocher.

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Le droit du luxe

Le cabinet d’avocats en droit du luxe à Paris Crefovi explore la discipline juridique qu’est le droit du luxe. L’émergence du droit du luxe et de la mode: un nouveau secteur juridique en plein essor. Consulter notre supplément thématique Revue Lamy Droit des Affaires, sur le droit du luxe, ici.

Le droit du luxe

Le luxe est un concept qui fait rêver, qui évoque des objets exquisément ouvragés, des odeurs et des saveurs envoûtantes, des services rendus avec un  zèle et une célérité sans faille. Le luxe, ou luxus en latin (abondance, raffinement), est l’apogée de la société de consommation, le summum du monde matérialiste, parfois proche de la luxure (luxuria) mais irradiant toujours une lumière (lux) incandescente. Le droit, en comparaison, est une notion austère et rigoureuse, définie comme un ensemble de règles régissant la vie en société et sanctionnées par la puissance publique.

Le droit amène et rappelle à l’ordre, instaure un sage équilibre entre l’équité et les intérêts matériels et moraux de la société. Il constitue, en outre, une prérogative attribuée à un individu, dans son intérêt, lui permettant de jouir d’une chose, d’une valeur ou d’exiger d’autrui une prestation. Pourquoi allier dans le titre de ce supplément thématique ces deux termes si opposés, à l’antithèse l’un de l’autre ? Pourquoi attirer ces contraires, les marier pour faire naître un nouveau concept ? On relève une tendance du droit contemporain à développer de nouvelles branches juridiques en fonction de secteurs industriels, culturels ou artistiques en expansion ou ayant un poids économique sensible dans le produit national brut (PNB) français tels le droit du cinéma (cf., par exemple, Gaz. Pal. 11 au 13 mai 2003, Droit du cinéma) ou, encore, le droit du sport (cf. le projet de création d’un Code du sport annoncé fin 2003 par le ministre des Sports).

Ainsi, par le biais d’un tri des normes de droit public et/ou de droit privé effectué en fonction des besoins et paramètres d’un secteur industriel ou culturel déterminé, il est possible de créer un cadre juridique adapté à ses spécificités. Le secteur du luxe a déjà été étudié sous l’angle du marketing (cf. Allérès D., Luxe … Stratégies Marketing, 2e éd., Economica, 2003 ; Haie V., Donnez-nous notre Luxe quotidien, Institut Supérieur de Marketing du Luxe, Gualino Editeur, 2002), de la sociologie (cf. Castarède J., Le luxe, édition Que Sais-je ?, PUF, 3e éd., 2003 ; Prévost G., Voyage au pays du luxe, Le cherche midi, 2001 ; Richou S. et Lombard M., Le luxe dans tous ses états, Economica, 1999), de la vente et du management (cf. Blanckaert C., Les chemins du luxe, édition Grasset, 1996) mais, en revanche, il ne l’a jamais encore été au regard du droit qui lui est applicable. Pourtant, la connaissance et la maîtrise du droit des affaires par les professionnels du luxe est indispensable pour que les maisons de luxe se créent, se développent, s’adaptent, prospèrent ou survivent. Même si les créateurs et directeurs artistiques pourraient penser que seuls leur génie et leur créativité amèneront l’entreprise au firmament, l’importance d’une stratégie commerciale et financière claire, indissociable des différentes techniques juridiques et financières qu’offre le droit des affaires, semble désormais incontournable.

Si les parts de marché du secteur du luxe, force économique primordiale pour la France, étaient détenues, jusque dans les années 1990, par des marques françaises, elles sont cependant aujourd’hui en constante réduction, conquises par les concurrents italiens, allemands, américains ou japonais. Aussi, les maisons de luxe françaises ne sauraient davantage se passer des outils intellectuels, économiques et juridiques de pointe nécessaires à l’adoption d’une stratégie tant défensive qu’offensive dans ce secteur extrêmement compétitif, outils que le présent supplément se propose de présenter et d’analyser.

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